Art & Architecture, Insolite
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Au mois de novembre 2026, l’Arc de triomphe accueille Sophie Loizeau pour sa troisième résidence de poète, dans le cadre de l'exposition « Triomphe, la nuit ». Une initiative des Monuments nationaux pour faire dialoguer patrimoine et création contemporaine au cœur d’un lieu emblématique.
Les monuments nationaux, chargés entre autres missions de valoriser le patrimoine, de le rendre accessible au plus grand nombre et d’assurer la qualité de l’accueil, encourage la participation des monuments à la vie culturelle en organisant des initiatives telles que l’accueil d’artistes en résidence.
Dans le cadre de cette mission, l’Arc de triomphe a lancé sa troisième résidence de poète en 2026, dans le cadre de l'exposition « Triomphe, la nuit ». L’objectif de ce projet était de commander une œuvre poétique originale, inspirée de la perception sensible du monument et de sa vie nocturne.
Pour cette troisième édition, le monument a choisi d’inviter Sophie Loizeau, poète et auteur.
Le projet de résidence à l’Arc de triomphe s’inscrit dans la lignée de l’inspiration littéraire autour du monument et de son histoire, initiée par Victor Hugo. Dès 1823, Hugo a établi un lien profond avec l’Arc de triomphe. En tant que figure engagée et défenseur du patrimoine, il a laissé un héritage littéraire marquant, célébrant notamment l’Arc de triomphe à travers des œuvres telles que « À l’arc de triomphe de l’Étoile » Odes et Ballades (1823), « À l’arc de triomphe » Les Voix Intérieures (1837), « Funérailles de Napoléon » Choses vues (1840-1841), ou encore « Le Retour de l’Empereur » La légende des siècles (1859). De plus, les funérailles nationales de Victor Hugo ont débuté sous l’Arc de triomphe en 1885, avant son inhumation au Panthéon.
Arc triomphal ! la foudre, en terrassant ton maître,
Semblait avoir frappé ton front encore à naître.
Par nos exploits nouveaux te voilà relevé !
Car on n’a pas voulu, dans notre illustre armée,
Qu’il fût de notre renommée
Un monument inachevé !
D’autres écrivains ont également évoqué le monument et les évènements se déroulant sur son parvis, tels que Jules Michelet (1798-1874), Alphonse de Lamartine (1790-1869), George Sand (1804-1876), Théophile Gautier (1811-1872), Edith Wharton (1862-1937), Kikou Yamata (1897- 1975), Ernest Hemingway (1899-1961), ou encore André Malraux (1901-1976).
Du sommet de l’Arc de Triomphe c’était une vision, un rêve. Sous ce vaste ciel rayé de nuages, coupé de pluie et de rayons de soleil, la gigantesque enceinte d’une ville immense avec ses dômes puissants, ses monuments superbes, ses clochers aigus, ses flèches, sa rivière jaune, ses vastes prairies, ses maisons innombrables. Quel cadre pour une scène pareille !
Cette résidence poursuit donc cette tradition qui lie l'histoire du monument à celle de grands poètes et écrivains. Elle vise également à initier une relation inédite entre le monument et la création contemporaine dans le but de produire des textes sensibles et artistiques actuels, accessibles à tous.
L’artiste invitée pour cette seconde édition de résidence à l’Arc de triomphe est Sophie Loizeau.
Sophie Loizeau est poète. Son œuvre est marquée par la question de la visibilité du féminin dans la langue, et aussi dans l'histoire, ainsi que par la présence de la nature et des animaux, une nature qui fraye avec le fantastique et le mythologique, avec le désir et la sexualité.
Parmi ses quinze livres de poésie, on peut citer :
La Trilogie féministe dite de diane écrite sous l'égide de la grande déesse Diane-Artémis – La Femme lit (Flammarion, 2009),
Le Roman de diane (Rehauts, 2013),
Caudal (Flammarion, 2013, Prix François Coppée de l’Académie française, 2014) –,
Ma Maîtresse forme (Champ Vallon, 2017),
Les Loups (Corti, 2019, Prix Vénus Khoury-Ghata, 2020),
Les Épines rouges (Le Castor Astral, 2022)
et L’île du renard polaire de To Kirsikka (Champ Vallon, 2024/ Grand prix de poésie de la Société des Gens de Lettres 2025).
Sanctuaire, son livre le plus écomilitant, paraîtra prochainement aux éditions Lanskine.
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Portrait de Sophie Loizeau © Laurent Citrinot
L’Arc de triomphe se végétalise et croît dans la nuit. Pour y parvenir, il puise dans ses propres réserves, ses lauriers, lotus et palmes de pierre. Les animaux des bas-reliefs s’animent. Et aussi les fantômes, ceux des chevaux morts sur les champs de bataille. À l’heure où la présence de la nature se fait toujours plus nécessaire, cette reverdie de l’Arc est politique.