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Exposition passée
Invitée du Printemps du dessin 2026, Camille Chastang investit l’Arc de triomphe avec une installation florale aux couleurs éclatantes.
Du mercredi au lundi : 10h-22h30 en mars et 10h-23h en avril
Les mardis : 11h-22h30 en mars et 11h-23h en avril
Tarifs
Inclus dans le billet d'entrée
Gratuit pour les -26ans
Voir toutes les autres conditions de gratuités
Public
Tout public
Durée moyenne
30 min
Langues
Français
Anglais
Cette exposition temporaire se déploie sous la forme d’une installation associant papier peint, œuvres sur papier et céramiques. Elle met en lumière la richesse décorative de l’Arc de triomphe tout en révélant sa dimension sensible et organique.
Les ornements sculptés du monument constituent un vocabulaire symbolique puissant, célébrant à l’origine la victoire militaire, la gloire des armées et la mémoire nationale. Omniprésentes dans la Salle de l’Attique, les palmes incarnent à la fois le triomphe et l’hommage, inscrivant la pierre dans un registre solennel et commémoratif.
En dialogue avec ces motifs, le travail de Camille Chastang en révèle la portée sensible et politique. L’ornement devient alors porteur de récits, de silences et d’absences — notamment celles des femmes, dont les fleurs et les palmes n’ont jamais trouvé place au pied du monument. En effet, l’artiste revisite des décors inspirés de la gerbe que neuf militantes du Mouvement de libération des femmes (MLF) tentèrent de déposer, sans succès, au pied de l’Arc le 26 août 1970. En savoir plus sur la première action médiatique du MLF.
Installée dans la Salle des Palmes, l’œuvre interroge la dimension politique et poétique de l’ornement, et plus largement la question de la présence et de l’absence des femmes au sein de ce site patrimonial emblématique. Camille Chastang tisse ainsi un lien subtil entre l’intime et le monumental, entre décor et mémoire.
Née en 1994, Camille Chastang vit et travaille entre la Normandie et Paris. Après une première formation en design textile, elle s’éloigne des arts appliqués pour rejoindre les Beaux-Arts, où elle approfondit une réflexion critique sur le dessin comme médium à part entière. Elle est diplômée en 2020 de la Villa Arson à Nice.
Sa pratique artistique, à la fois dessinée et écrite, s’inscrit dans une recherche plastique et théorique qui interroge la hiérarchie des médiums, des formes et des sujets au sein des pratiques artistiques. À travers le dessin, le décor et l’ornement, Camille Chastang cherche à déconstruire les rapports de pouvoir et les systèmes de valeur qui structurent l’histoire de l’art, tout en donnant une place centrale à des récits souvent relégués à la marge.
Elle participe à de nombreuses expositions collectives à Paris, Nice, Marseille et Lyon, ainsi qu’à des expositions personnelles notamment à l’Abbaye de Fontevraud, au FRAC Picardie et à la galerie Double-V (Marseille/Paris). Parallèlement, elle développe un important travail de médiation et de transmission, collaborant régulièrement avec des publics variés à travers des ateliers et des projets de création.
Elle est notamment lauréate du programme Création en cours avec les Ateliers Médicis et participe à des résidences telles que Rouvrir le monde à la Collection Yvon Lambert à Avignon. Ses dessins ont par ailleurs été publiés dans les revues Roven et The Drawer, consacrées au dessin contemporain.
Dans mon travail, je propose une relecture de certains moments de l’histoire de l’art et des images, pour déplacer un peu notre regard. C’était donc intéressant pour moi de travailler à partir de ce lieu très chargé visuellement. Je me suis un peu affranchie de cette image militaire en essayant de remettre au cœur de l’exposition une présence plus intime et décorative.
Les feuilles d’acanthe et les éléments végétaux sont déjà très présents dans mon travail pour leur potentiel décoratif. Ça me paraissait donc assez évident de reprendre ce motif pour le projet à l’Arc de triomphe, comme une manière de prolonger l’ornementation existante tout en en proposant une interprétation liée à mes propres questionnements plastiques et théoriques.
Ça m’amuse aussi d’assumer une certaine surenchère de rubans et de fleurs, qui sont en réalité déjà présents dans les décors du monument, mais pas forcément mis en valeur dans la narration officielle du lieu.
Les dessins sont réalisés à l’encre sur papier ; le papier peint est imprimé numériquement à partir de dessins numérisés, agrandis puis retravaillés. Les petites pièces en faïence émaillée (céramique) sont plutôt évocatrices des motifs dessinés et permettent de jouer avec des effets de 2D/3D et des jeux d’échelle, assez présents dans mon travail. J’aime que ces médiums circulent entre eux, et je joue avec les notions d’arrière-plan et de premier plan qui se répondent sans hiérarchie.
En fait, ce que j’ai trouvé marquant dans cet épisode, c’est que ces militantes, arrêtées par la police, n’avaient jamais pu déposer leur gerbe de fleurs [sur la Tombe du Soldat inconnu] ! C’était donc important et intéressant pour moi de profiter de cette installation pour faire symboliquement entrer ce bouquet, évoqué par les dessins et les fleurs en céramique. Mon travail est en général subtilement politique.
L’idée est de laisser la main au public sur une partie du papier peint, en deux temps : une zone plutôt « coloriage », dans laquelle je propose de mettre en couleur mes dessins, et une autre d’interprétation complètement libre.
Je pense que ça va être très beau, parce que ce genre d’intervention permet de sortir de mon regard et de mon geste pour en découvrir d’autres, qui s'affranchissent des codes liés au dessin contemporain.
Je suis toujours heureuse quand des personnes ressentent quelque chose dans et devant mon travail. Peut-être que l’installation ouvrira certaines portes de réflexion, ou permettra simplement un regard un peu différent sur le lieu. J’adorerais qu'on en ressorte en se posant la question de comment l’Histoire s’écrit : à travers quelles formes, par qui, et pour qui ?
Créé en 2017, par l’équipe de Drawing Now Paris, la première foire d’art contemporain exclusivement dédiée au dessin, le Printemps du dessin célèbre la diversité de cette pratique partout en France.
Du 20 mars au 21 juin, en réunissant des lieux aussi différents que des sites gérés par le Centre des monuments nationaux, des artothèques, des FRAC ou des centres d’art, le Printemps du dessin inscrit la culture au sein même des territoires et répond au souhait du Ministère de la Culture d’un « Printemps de la ruralité ».
À travers des expositions, des workshops, des ateliers, des conférences et des rencontres entre artistes et publics, le médium du dessin se déploie sous toutes ses formes, offrant au public une immersion au plus près de la création artistique. Ces rencontres réparties au niveau national permettent à des publics différents une proximité avec les artistes et leur travail lors des expositions et rencontres. Le dessin facilite ces rencontres car ce medium paraît plus direct et accessible.
Arnaud Vuille, administrateur de l’Arc de triomphe et Viviana Gobbato, cheffe du service culturel et éducatif.
Atelier
Venez créer et imaginer aux côtés de l’artiste en participant à l’évolution de l’installation, vos œuvres rejoindront l’exposition !
Atelier
Les voûtes et sculptures de l'Arc de triomphe sont ornées de fleurs et de couronnes de lauriers. Saurez-vous les reproduire ?
Camille Chastang / Centre des monuments nationaux
Camille Chastang / Centre des monuments nationaux